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Le Premier Cercle

Ce roman historique s´inscrit dans la fin du stalinisme. Plusieurs histoires parallèles semblent converger peu à peu. Les péripéties des protagonistes sont l´occasion pour Soljenitsyne de discuter ses thèses critiques sur l´histoire ou de donner des détails avérés ou issus de l´imaginaire collectif ou du sien.

La charachka: le goulag des ingénieurs

Dans cette catégorie de goulag on a droit à de la viande et du beurre, ce qui en fait le moins pire de ce type d´endroit. Ceci-dit, on a le droit à des visites seulement une fois par an et donc ce qui pèse le plus sur les prisonniers: pas de femme. On y travaille en principe 12h par jour et ne sont admis en majorité que les ingénieurs ou divers savants pour avancer sur des projets d´ordre technologiques et secrets.

Les relations hiérarchiques

Le roman décrit en détail les interactions entre des personnages ayant des statuts dans la société très différents. Entre les ingénieurs et les externes, entre les gardiens et les responsables du charachka, entre ministres et Staline, entre son secrétaire personnel et ce dernier. Dans la plupart des cas, la relation est faussée, sur des bases de défiance et de crainte.

Réflexions

Sur la religion

La question du Christianisme est discuté par les «zeks» (prisonniers). Est-il nécessaire de suivre la Bible au mot prêt ou bien peut-on s´accorder des légèretés avec le dogme ?

Sur l´anarchisme

Sur la linguistique

Sur la littérature

Un certain nombre d'écrivains et d'œuvres sont citées dans l'ouvrage; parfois avec des critiques qui engagent les protagonistes et leur caractère.

Gorki pense fort justement, mais il est plutôt rébarbatif. Maiakovski de même mais il est un peu balourd. Salkykov-Chtchedrine est un ami du progrès, certes, mais l'ensemble de ses œuvres est à vous tuer raide d'ennui ; et puis Tourguéniev, bridé par son idéal d'aristocrate ; Gontcharov, qui se rattache à la naissance du capitalisme en Russie ; Léon Tolstoï et ses prises de positions en faveur de la paysannerie patriarcale (leur professeur leur avait déconseillé la lecture des romans de Tolstoï qui sont bien longs, et ne peuvent que troubler la clarté des lumineuses critiques qui leur ont été consacrées); ensuite c'était la revue générale d'absolus inconnus comme Stepniak-Kravtchinski, Dostoïevski, Soukhovo-Kobyline, dont il n'était même pas utile de retenir les titres. Pour cette file étirée au long des années, seul Pouchkine brillait comme un beau soleil.

La transgression

L'escapade en train pour la nature est l'occasion pour deux personnages clé d'enfreindre les règles et de se rapprocher dans cette démarche. Cela fait irrésistiblement penser à 1984 d'Orwell, d'autant que l'homme se met à boiter - détail qui ne semble fait que pour affirmer ce clin d'œil.

Sur la peinture

Sur le progrès

  • En art, par exemple, il n'y a aucun progrès ! Et il ne peut y en avoir !
  • De fait ! De fait ! Et c'est saisissant ! s'extasia Nerjine. Il y a eu un Rembrandt au XVII siècle et on peut toujours esayer aujourd'hui de lui faire la pige ! Qu'était la technique au XVII siècle ? Aujourd'hui elle nous paraît à la mesure de sauvages. Quelles pouvaient être les innovations techniques dans les années 1870 ? Des amusettes pour enfants. Et c'est dans ces années là qu'on a écrit Anna Karénine. Que peut on me proposer de supérieur ?

Sur l'amitié

Sur la condition féminine

Sur la hiérarchie sociale

Il faut remodeler la conscience de l'humanité de façcon que les hommes n'aient l'orgueil que du trit manuel et qu'ils rougissent d'être surveillants, ou directeurs, ou pontes d'un parti. Il faut faire en sorte que le titre de ministre soit aussi peu claironnant que celui d'égoutier. Le métier de ministre est indispensable lui aussi, mais infamant. Si une fille épouse un fonctionnaire de l'État, que cette souillure rejaillisse sur toute la famille ! Voilà mon socialisme à moi !

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